Des oeuvres comme Gas-oil ou Rue des prairies montrent un Gabin souvent inquiété par un monde moderne que la jeunesse revendique avec enthousiasme. Dans Mélodie en sous-sol, il découvre avec désarroi sa maison de banlieue engloutie par des immeubles, symbole d'une transformation brutale. Plus tard, dans Le Jardinier d'Argenteuil, il incarne un homme du
XIXe siècle en décalage total, vivant isolé au pied de nouveaux bâtiments. Ce sentiment d'étrangeté culmine dans Le Pacha, face à une jeunesse hippie et des truands violents.
Sa filmographie souligne que si l'acteur reste figé dans ses valeurs rurales, c'est la société qui a radicalement changé autour de lui. Le fossé se creuse entre les générations, la ruralité disparaît et les pavillons cèdent la place aux tours, faisant de lui le témoin mélancolique d'une France qui s'efface.